Musée in Flanders fields

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En 2014, le début de la Première Guerre mondiale, voilà 100 ans, a été commémoré à travers le monde. Mais le 17 février 2014, cela faisait aussi tout juste 50 ans que la Belgique signait une convention bilatérale avec le Maroc pour que des Marocains viennent travailler en Belgique. Ceux-ci furent principalement actifs dans l’industrie métallurgique lourde, les mines de char- bon, les travaux d’aménagement des routes et des lignes de métro, ainsi que dans le secteur textile.

Autour du 22 avril 2015, des actions en tous genres ont rappelé que cent ans plus tôt, près d’Ypres, une nouvelle arme de destruction massive voyait le jour : le gaz. Les premières vic- times furent à déplorer dans les rangs de l’armée française : dans des divisions provenant de Bretagne, du Calvados… et de l’Afrique du Nord. La population locale ne put alors détacher ses yeux des spahis, tirailleurs et zouaves hauts en couleur provenant des terres ensoleillés d’Algérie, de Tunisie ou du Maroc qui avaient été affectés sur le front de Flandre.

Le musée In Flanders Fields guide le visiteur à travers les événements historiques qui se dérou- lèrent dans la région. Notons toutefois qu’un espace d’exposition est aussi réservé au sein de l’exposition permanente. Il permet de présenter chaque année de nouvelles créations d’un jeune artiste qui nous font réfléchir sur les violences de la guerre.

L’année 2015 s’avérait idéale pour inviter l’artiste franco-marocain Mehdi-Georges Lahlou comme artiste en résidence. Né aux Sables-d’Olonne en 1983, d’un père marocain et d’une mère espagnole, il a suivi ses études à Quimper, Nantes et Breda. Depuis 2007, il vit et travaille à Bruxelles et à Paris. Mehdi-Georges Lahlou s’exprime à travers des performances, des pho- tographies, des vidéos, des sculptures et des installations. Une imagination fertile, un brin de surréalisme, mais aussi d’absurdité et de sensualité sont les ingrédients de son œuvre qui nous fait réfléchir à notre tolérance vis-à-vis de la question du genre, de l’islam et du christianisme, bref, à notre identité culturelle et religieuse. Vous tenez entre vos mains le résultat de sa résidence au Musée d’Ypres.

Jan Dewilde
Conservateur du musée In Flanders Fields

À propos de l’artiste
Mehdi-Georges Lahlou est l'enfant terrible d’un art qui n’existe pas. Ou pas encore, puisqu’il est en train de l’inventer. Comment peut- on être un artiste de l’interstice, aujourd’hui, quand on navigue entre nord et sud, entre différentes cultures, entre plusieurs mé- dias, entre de multiples notions entremêlées ? « Ne voyons pas le problème par le petit bout de la lorgnette », semble-t-il (omettre de) nous dire...

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